Aller au contenu principal
Fermer

Corée du Sud: l'ex-première dame Kim Keon Hee condamnée à 20 mois de prison pour corruption
information fournie par AFP 28/01/2026 à 10:50

L'ancienne première dame de Corée du Sud, Kim Keon Hee, arrive au tribunal central de Séoul, le 12 août 2025 ( POOL / JUNG YEON-JE )

L'ancienne première dame de Corée du Sud, Kim Keon Hee, arrive au tribunal central de Séoul, le 12 août 2025 ( POOL / JUNG YEON-JE )

Un tribunal sud-coréen a condamné mercredi l'ex-première dame du pays, Kim Keon Hee, à 20 mois de prison pour corruption, après l'incarcération de son mari pour des actes liés à sa déclaration de la loi martiale en 2024.

"La prévenue est condamnée à un an et huit mois d'emprisonnement" pour ce premier chef, a déclaré le juge Woo In-sung, du tribunal du district central de Séoul.

Selon lui, la proximité de Kim avec le président lui avait conféré une "influence considérable" dont elle avait profité. "La position de chacun ne doit jamais devenir un moyen de poursuivre un gain privé", a-t-il déclaré.

Mme Kim, a-t-il ajouté, a "abusé de sa position pour obtenir un gain personnel".

Le parquet avait requis contre Mme Kim 15 ans de prison pour corruption et fraudes, mais l'ex-première dame a été acquittée des chefs de manipulation boursière et de violation des lois de financement de campagne électorale.

Mme Kim était présente au tribunal lors de la lecture du jugement, vêtue d'un tailleur noir, d’un masque blanc et de lunettes.

Elle a ensuite publié un communiqué et a présenté ses excuses pour "l'inquiétude" qu'elle a causée: "j'accepte humblement la sévère critique du tribunal et n'en minimise pas la portée".

Ses avocats ont indiqué à l'AFP qu'il n'était pas encore décidé si l'ancienne première dame ferait appel.

Les scandales entourant Mme Kim, 53 ans, ont fortement marqué la présidence de son mari, le conservateur Yoon Suk Yeol, destitué après sa désastreuse tentative d'imposer la loi martiale fin 2024 et qui attend en prison l'issue de ses nombreux procès, dont l'un pourrait se terminer par une condamnation à mort.

Kim Keon Hee, également incarcérée, était accusée de manipulation de cours, d'ingérences électorales, d'avoir accepté des cadeaux somptueux de l'Eglise de l'Unification, plus connue sous le nom de secte Moon, et pour environ 170.000 euros de pots-de-vin de la part d'entrepreneurs et de politiciens.

Lors de leurs réquisitions en décembre, les procureurs avaient affirmé que Mme Kim s'était "placée au-dessus des lois", avait commis des "abus de pouvoir" et avait collaboré avec la secte pour porter atteinte "au principe constitutionnel de séparation de la religion et de l'Etat".

Mercredi, ils ont qualifié la décision de "difficile à accepter" et annoncé qu'ils feraient appel.

Une partisane se tient devant une banderole représentant l'ancien président sud-coréen destitué Yoon Suk Yeol et son épouse Kim Keon Hee, près du tribunal central de Séoul, le 16 janvier 2026 ( AFP / Jung Yeon-je )

Une partisane se tient devant une banderole représentant l'ancien président sud-coréen destitué Yoon Suk Yeol et son épouse Kim Keon Hee, près du tribunal central de Séoul, le 16 janvier 2026 ( AFP / Jung Yeon-je )

L'ex-première dame clame son innocence et juge les accusations des procureurs "profondément injustes", même si elle s'est également excusée d'avoir "causé des problèmes bien qu'étant une personne sans importance".

"Quand je réfléchis à mon rôle et aux responsabilités qui m'ont été confiées, il me semble évident que j'ai commis de nombreuses erreurs", a-t-elle reconnu à la fin de son procès.

Elle fait face à deux autres procès pour corruption et violations de la loi sur les partis politiques, en lien avec des accusations selon lesquelles elle aurait organisé l’inscription de plus de 2.400 fidèles de l'Eglise de l'Unification au sein du Parti du pouvoir au peuple, formation conservatrice de M. Yoon.

- Sac à main de luxe -

Amoureuse autoproclamée des animaux, Kim Keon Hee s'est fait connaître à l'international pour son combat en faveur de l'interdiction de la viande de chien en Corée du Sud. Mais ses frasques ont souvent éclipsé les actions politiques de son mari.

L'épouse du président sud-coréen Kim Keon-hee (au centre), vêtue d'une robe traditionnelle vietnamienne, descend les escaliers du palais présidentiel à Hanoï, le 23 juin 2023 ( AFP / Viet LINH )

L'épouse du président sud-coréen Kim Keon-hee (au centre), vêtue d'une robe traditionnelle vietnamienne, descend les escaliers du palais présidentiel à Hanoï, le 23 juin 2023 ( AFP / Viet LINH )

En 2023, elle s'était fait piéger par un pasteur qui, équipé d'une caméra cachée, l'avait filmée en train de recevoir de sa part un sac à main Dior d'une valeur de plus de 1.800 euros.

Ce scandale avait plongé son mari dans l'embarras, et contribué à la cuisante défaite du parti au pouvoir lors des législatives d'avril 2024. M. Yoon avait opposé son veto à trois tentatives du Parlement de lancer une enquête contre sa femme, la dernière d'entre elles en novembre 2024, une semaine avant la tentative ratée du président de décréter la loi martiale.

L'ancien Premier ministre sud-coréen Han Duck-soo arrive au tribunal central de Séoul, le 21 janvier 2026 ( POOL / Chung Sung-Jun )

L'ancien Premier ministre sud-coréen Han Duck-soo arrive au tribunal central de Séoul, le 21 janvier 2026 ( POOL / Chung Sung-Jun )

L'épilogue du procès de Kim Keon Hee intervient une semaine après la condamnation à 23 ans de prison, huit de plus que ce qu'avait requis le procureur, de l'ex-Premier ministre de M. Yoon, Han Duck-soo, pour complicité dans l'affaire de la loi martiale.

L'enquête sur les agissements de Mme Kim a également abouti à l'arrestation de Han Hak-ja, la cheffe de l'Eglise de l'Unification, qui revendique des millions d'adeptes dans le monde et possède un immense empire économique.

La justice sud-coréenne a également condamné mercredi le député d'opposition Kweon Seong-dong, allié de M. Yoon, à deux ans de prison pour avoir reçu des pots-de-vin de la secte.

Le même jour, Yun Young-ho, un ancien responsable de l'Eglise de l'Unification, a par ailleurs été condamné à 14 mois de prison pour avoir offert des cadeaux à Mme Kim, et versé des fonds illégaux à un parlementaire.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires